Comprendre le changement du coefficient de conversion électrique
Dès le 1er janvier 2027, le coefficient utilisé pour convertir l’électricité en énergie primaire dans les diagnostics de performance énergétique (DPE) et les audits énergétiques va être révisé. Le nouveau facteur passera de 1,9 à 1,7, d’après un arrêté publié le 19 août 2026. Ce paramètre, au cœur du calcul DPE, représente la transformation de l’énergie finale, c’est-à-dire celle réellement consommée, en énergie primaire englobant les pertes liées à la production, au transport et à la distribution de l’électricité. Une telle modification est conçue pour mieux refléter la réalité du mix énergétique français et encourager la reconnaissance des performances de l’électricité dans l’habitat.
Des conséquences directes pour les logements électriques
Le nouveau coefficient impactera principalement les habitations où l’électricité occupe une place prépondérante, notamment pour le chauffage, la production d’eau chaude ou l’usage d’une pompe à chaleur. En réduisant la conversion, les consommations d’électricité pèseront moins lourd dans le calcul du DPE, ce qui peut entraîner une progression vers une meilleure classe énergétique.
- Chauffage électrique
- Chauffe-eau électriques
- Pompes à chaleur
Selon les estimations, environ 300 000 résidences principales pourraient quitter les classes F et G grâce à ce changement. Cependant, l’effet dépendra du profil de consommation et des équipements en place ; un passage automatique d’une classe à l’autre n’est pas garanti.
Un impact sur le classement sans réaliser de travaux
La particularité de cette évolution réside dans le fait que le classement énergétique pourra changer sans la moindre intervention sur le logement. Isolation, menuiseries ou système de chauffage resteront identiques, seule la méthode de conversion évoluera. Ainsi, des biens actuellement proches d’un seuil (par exemple entre F et E) pourraient monter d’une classe à partir de 2027, alors que l’inverse n’est pas prévu : aucun logement ne verra sa note baisser à cause de cette mise à jour.
Quelles implications pour professionnels et particuliers ?
En immobilier, le DPE est devenu un critère central pour la vente et la location. Il détermine l’attractivité d’un bien ainsi que les droits et obligations juridiques liés à la transaction. À l’échéance de la réforme, il sera crucial d’actualiser les annonces immobilières pour tenir compte de nouvelles classes énergétiques et climatiques obtenues grâce au coefficient révisé. Les logements anciennement F ou G devront faire disparaître la mention “consommation énergétique excessive” si leur note s’améliore.
Conséquences sur la mise en location
Depuis début 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location dans le cadre de la réglementation sur la décence énergétique, restriction qui s’appliquera aussi aux logements classés F en 2028 puis E en 2034. Par conséquent, le changement de classe d’un bien pourrait avoir des conséquences notables sur sa rentabilité ou sa capacité à être loué.
Pour anticiper ces évolutions, il existe déjà des simulateurs en ligne à partir des données actuelles du DPE, permettant d’estimer l’étiquette future après changement du coefficient.
L’effet sur l’audit énergétique obligatoire
Certaines ventes de maisons individuelles ou de copropriétés imposent la réalisation préalable d’un audit énergétique lorsque le logement est classé E, F ou G. Cette contrainte s’étendra à la classe D à partir de 2034. Si, suite à la réforme, un logement sort de la catégorie concernée, l’obligation de fournir un audit lors de la transaction pourra disparaître. D’où l’importance de connaître la classe à jour du bien avant toute opération.
Faut-il refaire les diagnostics et audits en cours ?
Rien n’oblige à renouveler les diagnostics réalisés avant le 1er janvier 2027 : ils resteront valables jusqu’à leur date d’expiration. Une attestation officielle pourra être générée via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME dès l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. Ce document mettra uniquement à jour la classe énergétique selon le nouveau coefficient, mais ne touchera pas au reste des données du diagnostic initial.
Le même principe s’appliquera à l’audit énergétique : une attestation permettra d’adapter uniquement la classe, sans modifier les analyses ou recommandations d’origine.
Comment bien vous préparer à ce changement ?
Pour les acteurs de l’immobilier comme pour les propriétaires, il est recommandé dès aujourd’hui de :
- Vérifier la validité des DPE existants
- Évaluer l’impact potentiel de la réforme sur les logements chauffés à l’électricité
- Contrôler les obligations en matière de vente ou location associées à la classe DPE
- Préparer les dossiers pour bénéficier des nouvelles possibilités offertes dès 2027
Des outils de simulation sont accessibles pour projeter la future situation énergétique d’un bien et ainsi anticiper les démarches nécessaires.
La modification du coefficient de conversion de l’électricité au 1er janvier 2027 représente une évolution majeure pour le secteur de l’immobilier et la valorisation des logements électriques. Maîtriser ces changements est un atout pour tout acteur souhaitant sécuriser ses transactions ou optimiser son parc immobilier.